Melbourne : trouver un travail.

L’appartement trouvé, il me fallait désormais chercher un travail. J’en ai eu plusieurs.

Prof de Français.

Cette idée m’est venue très vite. J’ai mis mon annonce sur Gumtree (« le bon coin » australien) alors que je n’étais encore qu’en auberge de jeunesse. J’ai eu des retours rapides. Et à peine arrivée dans mon nouvel appartement, je pus convenir de rencontrer mes élèves dans l’espace lounge de mon building.

J’avais, au début, mis mon tarif à 20$ de l’heure. J’avais le sentiment d’être un peu une escroc étant donné que je n’avais pas vraiment préparé de cours. Mes amis anglo-saxons m’ont ensuite dit que je pouvais largement augmenter mon tarif, certains me disaient même de monter jusqu’à 50$ de l’heure. Au final, le plus haut que j’ai fait était 25$ de l’heure. J’ai eu jusqu’à 7 élèves à caser dans mon emploi du temps, tous de niveaux très différents, allant de 2 à 50 ans. Si je devais me déplacer chez eux, le tarif augmentait bien sûr.

A partir de ce moment, je n’ai plus eu à retirer de l’argent. Je pouvais largement me payer mes courses et mes sorties.

Tous mes élèves étaient extrêmement motivés. Deux d’entre eux avaient déjà un très bon niveau, il s’agissait juste de discuter pendant une heure et d’améliorer leur prononciation. Je pense au final qu’ils m’ont autant appris que j’ai appris d’eux. Je réalisais combien la langue française était compliquée et que certaines choses ne s’expliquent pas, elles sont ainsi. J’aime ma langue également car elle est si riche, notamment dans les nuances.

Par exemple, « to be upset » me gêne terriblement car c’est la traduction de : être bouleversé, être vexé, être peiné, être exaspéré… qui pour moi ne signifient pas la même chose…of course !

Bien sûr, pour les débutants, j’ai dû préparer des cours et je passais par mon coloc pour qu’il me les imprime à son travail ! ^^ Voir combien les choses que nous maîtrisons avec tant de facilité sont finalement si complexes ! Pourquoi ne prononçons nous pas toutes les lettres d’un mot ? Pour un débutant, c’est quasi impossible de débuter sans un professeur !

En comparaison, la langue anglaise est beaucoup plus simple à apprendre !

 

Recrutée par une agence de casting.

Fraîchement arrivée dans mon appartement, je fus contactée par une agence de casting à laquelle j’avais postulé pour le fun sur Gumtree. Ils recherchaient de nouvelles personnes pour faire de la figuration. En France, je bossais dans la production audiovisuelle et régulièrement j’étais apparue dans les films que j’avais préparé, et également dans les films de mes amis. Mon profil les avait donc intéressés. Assez euphorique j’ai accepté qu’ils me créent un profil sur leur site.

Concrètement, je n’ai jamais été contactée par la suite pour des propositions sérieuses. Tout ce que j’y ai gagné c’est un photoshooting gratuit qui a duré 5 minutes et qui était à 2h du centre-ville. Disons, que je ne me suis pas non plus investie à fond pour renouveler mes photos. Et surtout j’étais bien trop occupée par mon autre travail.untitled-25bis

Le résultat de mon photoshooting !
Le résultat de mon photoshooting !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme à Hollywood, celle qui rêvait d’être actrice est finalement devenue serveuse. Vous avez dit cliché ?

Serveuse.

Après avoir postulé par Gumtree ou Seek pour des postes de réceptionniste/hôtesse, et n’ayant aucun retour, j’ai fini par me bouger.

Concrètement, je n’avais absolument pas envie d’être serveuse, d’ailleurs je ne l’avais jamais été. Je savais combien c’était un boulot ingrat et crevant. Réceptionniste, ça me plaisait mieux : être belle et souriante, easy !

Mais il me fallait de l’argent, et vite. Malgré les sous que je me faisais via les cours de français, je continuais à puiser dans mes économies pour payer mon loyer chaque semaine.

Je suis donc allée à l’Office Work du coin pour imprimer une dizaine de CV, déterminée à faire le tour des cafés/restaurants/bars près de chez moi. Je m’étais apprêtée, j’avais sorti le décolleté, avec mon plus charmant sourire je suis allée dans le café au pied de mon immeuble, et j’ai demandé à parler au manager. Il a à peine regardé mon CV et m’a proposé un essai le lendemain matin. J’en suis ressortie éberluée et euphorique. Incroyable ! Le lendemain matin, j’ai tenté de paraître une super serveuse. Tout s’est bien passé, il m’a extrêmement bien payé. Mais ensuite, je n’ai pas eu de nouvelles de sa part. Donc rebelote, je reprends mon courage à deux mains et vais le voir. Il m’annonce alors qu’il recherche un australien, il est lassé des backpackers qui ne peuvent travailler que 6 mois au même endroit. Okay… Mais il ajoute que le manager du restaurant/bar juste à côté recherche quelqu’un, que je devrais aller le voir. Je m’exécute immédiatement. Et en effet, le manager me propose de venir travailler le lendemain.

C’est ainsi que je me suis faite exploitée pendant quelques semaines. Dans ce bar, payée au black à 16$/h (ce qui est en-dessous du minimum légal), j’y travaillais uniquement quand il m’appelait, un ou deux soirs par semaine. Ce qui était insuffisant pour en vivre. Je devais toujours piocher dans mes économies.

C’est alors que j’ai rencontré Graeme, australien et ami de mon nouveau petit-copain. Graeme, cuisinier dans un restaurant du CBD m’a tout naturellement proposé de donner mon CV aux RH. Enchantée, je le lui ai donné. Encore mieux : il me l’a corrigé et stylisé à l’australienne. Quelques jours plus tard, mon téléphone sonna, on me proposa un entretien !

Arrivée sur place, je réalisai qu’il s’agissait en fait d’un gigantesque hôtel 5 étoiles. Mon entretien se fit très sérieusement avec une nana des RH et une des managers. On me posa toute une série de questions « qu’est-ce que je fais si un client se plaint ? » « comment je ferais pour vendre au mieux le nouveau menu qui change à chaque saison ? », etc… Des questions auxquelles j’ai répondu avec logique. Deux heures plus tard, on m’appela pour me confirmer que j’avais le poste.

Peu de temps après, me voici en train de signer mon contrat.

« Un contrat ? Pourquoi faire ? » s’interloqua mon colocataire Ady. Il n’avait pas tort. Car concrètement, dedans il n’y avait pas grand-chose. Pas d’horaires stricts. Juste un salaire minimum et leur engagement à me faire travailler au moins 2h par service. Il était aussi indiqué qu’il m’était interdit de travailler pour quelqu’un d’autre alors que j’avais dit à l’entretien que je travaillais dans un bar. J’en ai donc conclu que cette clause était pour eux le moyen de me virer.

Qui dit travail déclaré, dit compte Superannuation ! Qu’est-ce que c’est ? C’est un compte où est directement versé une partie de votre salaire pour votre retraite. Impossible de le toucher avant d’être vieux OU de sortir définitivement du territoire. De ce fait, la majorité des backpackers peuvent récupérer cet argent en partant d’Australie.

Où avoir un compte Superannuation ? Toutes les banques en proposent. Conseil : prenez celui que vous proposera votre employeur, c’est beaucoup plus simple !

Qui dit travail déclaré, dit également paiement de taxes ! En effet, les australiens ne paient pas d’impôts comme nous le faisons en France. Ils sont directement prélevés sur leur salaire. En tant que backpackers, il est possible également de récupérer ces taxes à notre départ d’Australie.

Attention, ceci n’est possible que jusqu’au 1er juillet 2016. Ceux qui travailleront après cette date en Australie ne pourront plus récupérer leurs taxes.

 

Au quotidien

Cela fait maintenant 3 mois que je travaille dans cet hôtel. Le travail fut pire que ce à quoi je m’attendais. Je travaille essentiellement pour le petit-déjeuner, ce qui m’oblige à me lever à 5h du matin. Étant donné que je suis une couche-tard, c’est extrêmement douloureux pour moi.

Etre serveuse, c’est physiquement usant. Après les maux de pieds, c’est le poignet qui lâche. Ces derniers jours je ressens également que mes jambes sont lourdes, je ne sais pas si c’est dû à la chaleur + le travail. Quand les services sont intenses, le mal de dos n’est pas loin non plus !

Sans parler au quotidien, de la faim quand on n’a pas eu le temps de prendre soi-même un petit-déjeuner, la pression de certains managers, la fatigue intense. Parfois, on me demande de porter des choses TRES lourdes à plusieurs reprises lors du même service. Disons que je ne suis pas vraiment connue pour ma force légendaire. Ces journées-là sont donc pour moi un véritable cauchemar. Une pause de 30 minutes est censée être obligatoire lorsqu’on travaille plus de 5h par jour dans mon hôtel. Mais cette pause n’est pas toujours octroyée par le manager. Vous pouvez donc bosser pendant 6h sans relâche, le ventre vide… Ajoutez à cela certaines collègues qui se prennent pour des chefs, partantes du moindre effort… Bien sûr, le plaisir au travail est variable selon les jours, selon l’influence, et surtout selon les collègues.

Je préfère largement travailler au room-service ! 🙂 Vive les chariots !

Si je ne suis pas mignonne en lutin de Noël !
Si je ne suis pas mignonne en lutin de Noël !

Grâce à cette expérience, j’aurais appris le fonctionnement global d’un hôtel, et également de la restauration. Je sais surtout que serveuse est un boulot que je ne referai pour rien au monde ! C’est bien pour ça que j’en ai profité pour y apprendre à faire des cafés. Je pourrais ainsi postuler en tant que barista si jamais j’ai besoin à nouveau de travailler ces prochains mois ! 🙂

Si j’ai tenu tout ce temps, c’est vraiment pour l’argent. En semaine, je suis payée 19$/h, le samedi 23$/h, et le dimanche 28$/h. Ce qui est vraiment bien payé ! Les jours fériés, ça monte à 60$/h.

Ainsi dans mes meilleurs moments j’ai pu monter jusqu’à 750$/semaine. Ce qui peut faire du 3000$/mois. Ce n’est pas en France qu’on gagnerait 2000€/mois en étant serveuse !

Après, on est en Australie. Si vous êtes en « casual » comme moi, votre employeur vous fait bosser uniquement quand il veut. Ainsi, début janvier je n’ai pas travaillé du tout pendant une semaine car tout le monde avait déserté Melbourne après le jour de l’an. Plus aucune activité. Il faut donc bien penser à économiser « au cas où ».

A contrario, votre employeur peut aussi vous demander de travailler une journée entière en toute légalité (je crois). C’est-à-dire de 6h du matin à 22h le soir. A vous de connaître vos limites et de savoir dire non.

 

Conclusion

On peut vraiment très bien gagner sa vie avec « un boulot de merde » (avec tout mon respect pour ceux pour qui c’est une véritable vocation) en Australie. Pas besoin de qualifications de dingue. En ville, en tant que backpacker, il est plus facile de trouver un boulot de serveur/vendeur…

J’ai tenté de trouver dans ma voie professionnelle. Mais sans succès. La limite de travail de 6 mois pour le même employeur en rebute plus d’un.

Si je peux, pour la suite, je tenterai de trouver un boulot beaucoup moins crevant et nettement plus enrichissant ou cool. J’adorerai travailler au bord de la mer, enfin on verra !

Aujourd’hui, grâce à ce travail, j’ai non seulement pu vivre correctement mais j’ai également pu économiser. Dans 4 jours, je m’envole pour la Nouvelle Zélande et ensuite je m’en vais visiter la Thaïlande ! Des voyages bien mérités après des mois de travail acharné ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *